La PR est une affection fréquente en France, où l'on évalue à deux cent mille le nombre de malades.
Pour la traiter on dispose de trois groupes de médicaments : les anti-inflammatoires, les médicaments dits de fond et les antalgiques. Liste à laquelle on peut ajouter les traitements locaux. Parmi les anti-inflammatoires utilisés, il faut noter une préférence des praticiens pour l'utilisation des corticoïdes, en raison de leur efficacité, mais aussi à cause des effets indésirables des AINS. " Le corticoïde le plus utilisé est la prednisone, dont la dose ne doit pas dépasser 10 mg et doit être ajustée au milligramme près en fonction de l'état clinique du malade. Les chercheurs se penchent actuellement sur la chronobiologie dans le cadre de la corticothérapie ", précise le Pr Kaplan.
Les traitements de fond reposent sur des produits dont on pense qu'ils agissent sur les processus physiopathologiques de la maladie, sans que l'on connaisse réellement leur mode d'action.
Ils ont en commun de réduire le potentiel évolutif de la maladie et de permettre une réduction des posologies des anti-inflammatoires. Le produit actuellement le plus utilisé est le méthotrexate. A des doses très faibles, de l'ordre de 10 mg une fois par semaine, ce traitement est remarquablement efficace, mais nécessite une surveillance clinique (en raison de pneumopathies d'hypersensibilité) et biologique (NFS, plaquettes et transaminases tous les mois) régulière.
Même si les résultats de ce traitement sont satisfaisants, des antalgiques seront le plus souvent nécessaires.
Les indications de ces médicaments obéissent à deux règles précises : agir dès le début de la maladie avec un traitement approprié et associer un traitement anti-inflammatoire à un traitement de fond, ce qui permet de diminuer les posologies de chacun d'entre eux.
Les traitements chirurgicaux
Des traitements biologiques sont aussi envisagés avec des produits comme les anti-CD4 ou les anti-TNF alpha-cytokines. On déplore, néanmoins, des formes très agressives de la maladie résistant à des doses thérapeutiques élevées : ces formes sont dites réfractaires.
La chirurgie, en complément du traitement médical, permet de limiter l'évolution vers la destruction articulaire. Lorsque le cartilage est totalement détruit, une arthroplastie, le plus souvent totale, peut être utilisée pour remplacer l'articulation lésée.
Bien acceptée par les patients, cette technique présente, en outre, un pourcentage de complications très faible, même en cas d'interventions multiples. Et, sur le plan fonctionnel, les résultats sont le plus souvent satisfaisants, laissant prévoir une fréquente utilisation des techniques chirurgicales tant que l'on ne disposera pas d'un traitement médicamenteux capable de s'opposer au processus destructif qui caractérise la PR.
La prise en charge globale de la PR
La PR est une maladie chronique invalidante, son retentissement sur la qualité de vie des patients est considérable. C'est pour cela que, depuis quelques années, des équipes rhumatologiques ont développé une approche personnalisée, globale, cordonnée et pluridisciplinaire de la maladie.
" A l'hôpital Saint-Antoine , précise le Dr Beauvais, les patients en consultation de jour rencontrent des rhumatologues, des orthopédistes, des kinésithérapeutes, des podologues, des ergothérapeutes, des diététiciens, des psychologues et aussi des infirmières. " Le bénéfice de ce type d'approche est important pour le praticien et pour le personnel paramédical, qui prennent ainsi conscience d'une dimension nouvelle de la maladie.
Dr Isabelle CATALA
" Conception actuelle du traitement de la polyarthrite rhumatoïde ", avec la participation du Pr Kaplan et des Drs Berenbaum et Beauvais.
Quotidien du médecin N° 6141 DU VENDREDI 10 OCTOBRE 1997